Prendre possession d’un nouveau logement, c’est tourner une nouvelle page de sa vie. On s’imagine changer d’habitudes, de repères, mais, bien souvent, on renouvelle les écueils précédents: on « pose les meubles », et on verra après pour les détails. Alors que nous sommes déjà pris dans le quotidien, l’énergie et la motivation nous manquent pour prendre le temps de repenser l’organisation de nos affaires, de nos gestes. Pourtant, un peu de temps investi dans l’auto-diagnostic de nos habitudes nous permettrait d’en gagner beaucoup.
Certaines règles simples et faciles à mettre en place devraient vous aider à appréhender votre gestion d’espace de façon plus réjouissante et motivante. Les règles communes à toutes les chambres sont les suivantes:
- Le zonage doit permettre de différencier les diverses « fonctions »: dodo, travail, loisirs, soins, habillage.
- Sa conception doit réunir toutes les conditions propices au repos et à l’équilibre en évitant tout facteur de charge mentale et d’inéquité



La chambre des tout petits
Chaque fonctionnalité (coucher, toilette, jeux, doit être bien distincte, et les éléments concernant une même fonction devront se regrouper.
Par exemple, une poubelle, une corbeille à linge et les produits de soins/toilettes à proximité de la table à langer, pour éviter de quitter bébé des yeux. Ce peut être une étagère au dessus de la table à langer, qui offre la possibilité de tendre le bras vers les produits tout en gardant l’autre main sur votre petit ange. Elle peut être associée à la présence colonne de rangement offrant plusieurs niches pour les produits de soin, les couches et/ou les changes sur sa partie supérieure, et une corbeille à linge sale sur sa partie basse. Ensuite les peluches et gros jouets à proximité du coin jeux, puis les doudous et la veilleuse à côté du coin dodo.
Pour les petits en début de l’apprentissage, votre enfant doit apprendre à séparer chaque étape de la journée, en distinguant chaque fonction de sa chambre: le travail et les dessins primordiaux pour la créativité, les jeux, le dodo.
De même, il devra pouvoir être en mesure d’attraper ses vêtements et de les ranger facilement. Tout doit être adapté à sa hauteur, afin de lui permettre de lui apprendre à replacer les objets qu’il a pris, en toute autonomie.
A proximité du lit devront se trouver les objets et effets apaisants, propres au sommeil. Auprès de son bureau il devra pouvoir ranger son cartable, ses livres, mais aussi ses crayons de couleurs et feuilles de dessin. L’espace jeu réunira son train, les legos etc… les jeux vidéos, ordinateurs sont à proscrire dans cette chambre.

La chambre d’un adolescent ou pré-adolescent/jeune adulte
C’est la période où la créativité part dans tous les sens (ce qui les rend parfois désordonnés) où ils commencent à se rebeller et commencent à affirmer leurs goûts. Marre du mur blanc: ils accrochent les photos de leurs idoles, veulent mettre en place des jeux de lumière, avoir leur instrument de musique dans la chambre. Certains voudront suivre les modes, avec des tonalités de couleurs très (trop?) présentes, ou seront attirés vers des couleurs sombres. Afin qu’ils ne soient pas « enfermés » dans une seule couleur, vous pouvez négocier avec eux en leur proposant des camaïeux de la couleur qu’ils affectionnent, des dégradés doux avec des éléments plus clairs (cadres, tissus, lampes, coussins) , des touches de couleurs totalement différentes, plus lumineuses pour adoucir une atmosphère très colorée ou très sombre.
La créativité n’empêche pas de grandir en restant structuré. Il est, au contraire, très important que leur espace reste organisé.
Ils doivent donc pouvoir ranger leurs affaires sans effectuer de grands déplacements, jouer de leur instrument sans devoir passer par la phase rangement. Leur évolution naturelle, logique et aisée dans leur espace passe par créer un zonage approprié, mais aussi par l’apprentissage de l’ergonomie et de la préservation d’une bonne circulation.





La chambre du ou des parents
Les parents heureux font les enfants heureux, c’est bien connu… Il est donc crucial que les parents, qu’ils soient en couple ou célibataires, ne s’oublient pas. O.k, O.k, on fait passer les enfants en premier, ne serait-ce que pour qu’ils sachent qu’ils font partie de nos priorités, et même qu’ils SONT notre priorité.
Mais un parent ou couple de parents a aussi besoin de s’occuper de son bien être et de sa sphère intime pour continuer de se sentir bien et ancré, de garder l’esprit dégagé, et de ne pas se sentir “sacrifié”.
Voici quelques principes de base:
1/ Préserver l’équité
Si un des deux parents a un chevet et une lampe, pourquoi l’autre n’en aurait-il pas?
Ce paragraphe, peut être, vous fait sourire, tant cela est évident pour vous. Mais vous n’imaginez pas le nombre de foyers à deux parents que j’ai visités jusqu’ici et dont l’un de dispose pas de la moindre tablette ni lampe, ni prise pour brancher le portable (même si, dans l’absolu, un bon vieux réveil vaut mille fois mieux pour la santé nerveuse qu’un téléphone avec le wifi à proximité quand on dort.
Bref. Un parent sacrifié, sous prétexte que la seule façon de faire entrer le lit, c’est contre le mur. Pas très sympa pour l’autre parent.
Donc on va s’attacher à laisser un petit espace du côté mur pour y placer soit une tablette, soit une caisse en bois en hauteur en guise de chevet), avec sa petite lampe pour que l’équité soit préservée.
2/ Ne dormez pas dans votre dressing
En effet, ça fait rêver, un beau dressing illuminé, avec des affaires bien classées, bien rangées. Pour autant, dormir au milieu de tous ces vêtements, à la longue, peut causer une sensation de mal être, ou de saturation: vous avez l’impression de dormir dans votre placard.
Si votre place est limitée et que votre armoire ne peut se tenir ailleurs que dans votre chambre, si votre budget ne vous permet pas d’installer des portes coulissantes, placez au moins un rideau dans vos placards: il protègera vos vêtements de la poussière, et ça fera “tendance”, tout en vous préservant un espace réellement reposant et ressourçant.
Le dressing en “tête de lit” a un double avantage.
Primo, vous ne voyez pas vos vêtements (par conséquent vous n’avez pas l’impression de dormir dans un placard) et votre esprit est dégagé.
Et, (the last but not he least), un dressing est une excellente isolation phonique si vous êtes contre un mur mitoyen. Votre intimité est donc préservée.
Le dressing en “enfoncé”
Il est placé dans un renfoncement de la pièce, ou dans une autre pièce agencée en alcôve, ce qui permet de gagner en surface de circulation et aussi parfois de “rattraper” une géométrie biscornue, ou déséquilibrée. Dans l’image ci-contre, le renforcement a été utilisé pour un bureau. Pourquoi pas, s’il existe déjà un dressing ailleurs. Mais vous noterez la perte d’espace en haut et en largeur. Idée qui reste ingénieuse, car on n’a pas besoin de ranger son bureau: il suffit de tirer le rideau.
